La croisée des destins
Chapitre 3 : Sur la plage
Finalement, un peu avant 9h00, je passai son licol à Éclipse et le sortit de son box.
“- Salut Cécilia ! Tu vas le promener ?
- Ah, salut Benoît ! Oui ! Je vais l’emmener sur la plage, avec Léa !
- Ton père est au
courant ?
- Bien sûr !!! répliquai-je.
Au fait, j’ai déjà fait les box de Casiopée et Éclipse. Et, tant que j’y pense,
tu pourrais préparer le box de Jupiter ?
- Ah oui, c’est
vrai qu’il y a un concours, demain ! Oui, rassure-toi, je ferai le box de
Jupiter !
- Ah, une dernière
chose, quand le maréchal-ferrant passera, tu pourra lui demander de jeter un
oeil à Bimbo, en plus de Casiopée !
- Ok ! Pas de
problème ! Tiens, voilà ton amie ! Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai du travail
!”
Sur ses mots, il s’en alla. Je jetais un coup d’œil vers
l’allée. Un cheval alezan brûlé, remontait l’allée, au petit trot. Sa
cavalière, apercevant Cécilia, s’arrêta près des écuries.
“- Salut Cécilia ! Excuse pour le petit retard, mais il
fallait que j’emmène tout le matériel de Jupiter, pour demain.
- C’est pas
grave, Léa. Si tu veux, je te tiens Jupiter, pendant que tu ranges ses affaires
dans la sellerie !
- OK !”
accepta-t-elle, en mettant pied à terre et en enlevant sa bombe, libérant ses
longs cheveux blonds qui encadraient son visage pâle et ses yeux bleus.
Elle dessella sa monture et apporta ses affaires dans la
sellerie. Elle revint deux minutes plus tard, remit sa bombe, et se hissa sur
sa monture.
“- Tu ne met pas ta bombe ? s’étonna-t-elle, alors que je
me hissais, à mon tour, sur Éclipse.
- Non ! De toute
façon, il ne me ferra pas de coup vache !
- Tu as la foi,
en tout cas !
- Peut-être !
Bon, on y va !”
Sur ses mots, je serrai mes jambes et mis mon cheval au pas,
le long de l’allée. Au bout de quelques minutes, je me retournai vers Léa.
“- Un petit trot ?
- D’accord, j’te
suit !”
Sur un claquement de langue, je mis mon étalon au trot,
imitée par Léa. Un peu avant d’arriver aux dunes, nous repassâmes au pas.
Éclipse passa d’un bon pas entre les dunes. Il marqua cependant un moment
d’hésitation, alors qu’il débouchait sur la plage, inquiété par le bruit des
vagues, sur le rivage. Mais je le rassurai et, resserrant mes jambes, il
avança. Il trébucha légèrement quand il marcha dans le sable, mais une fois sur
le sable humide, il retrouva une allure régulière, les oreilles pointées en
avant.
Ayant attaché les deux extrémités de la longe, au licol,
je m’en servais de rêne, pour le diriger.
“- Bon, ça à l’air d’aller ! lançai-je à Léa. On se fait
un petit trot jusqu’à l’autre bout de la plage, puis on revient, si tout va
bien, au galop. D’accord ?
- Pas de problème
!”
Nous mîmes donc nos chevaux au trot. Arrivées à l’autre
extrémité de la plage, nous nous arrêtâmes, comme prévu et fîmes faire
demi-tour à nos chevaux. Là, je reculai ma jambe gauche, agrippai la crinière
et serrant les jambes, mit mon cheval au galop, immédiatement imité par
Jupiter. Comme je l’avais deviné, Éclipse “explosa” littéralement et lança un
coup de cul, avant de s’élancer, déchaîné. Cramponnée à la crinière, je parvint
à retrouver mon équilibre, le vent fouettant mon visage.
“Oh, bonhomme ! Calme-toi, Éclipse !” murmurai-je en le
caressant.
Cependant, il accéléra de plus belle.
“Oh, oh ! Oh, oh ! insistai-je. Calme-toi, Éclipse !”
Aucune réaction.
“Bon, si tu le prends sur ce ton ! m’énervai-je. Éclipse,
arrête-toi, tout de suite !”
Ses oreilles basculèrent vers moi, mais sans plus.
Agacée, je me redressai et fit obliquer mon étalon, vers le sable sec, plus
meuble, afin de l’obliger à se calmer. Là, je parvint à le mettre sur un cercle
puis à lui faire reprendre un petit galop. A partir de là, une fois qu’il eut
retrouvé sa cadence, je l’autorisai à repartir en ligne droite. Il resta calme,
jusqu’à la fin du parcours, et il rejoignit, sagement, Jupiter. Je le félicitai
vivement.
“- Eh ben ! Tu as eu du mal, au début ! remarqua Léa.
- Ouais ! Mais
après, il s’est tenu à carreaux !
- Qu’est-ce qu’on
fait, on rentre ?
- Pourquoi on ne
les marcherai pas dans l’eau ? Ca ne leur ferait que du bien !
- Tu es sûre ?
demanda Léa, inquiète. Éclipse à l’air assez chaud, et il a déjà vu assez de
nouveauté pour aujourd’hui !
- Oui, j’en suis
sûre ! répliquai-je, butée. Il s’est défoulé lors du galop ! Ca devrait très
bien se passer !
- Si tu le dit !”
répondit Léa, peu convaincu.
Mettant nos chevaux au pas, nous les dirigeâmes vers la
mer. De légères vagues venaient se briser sur le rivage. Jupiter, passant en
premier, entra sans hésitation dans l’eau. Éclipse, lui, refusa tout net
d’avancer et recula, effrayé.
“- Allez, bonhomme ! le rassurai-je, ce n’est que de
l’eau, ça ne te fera pas de mal, je t’assure !
- Laisse tomber !
Ca ne marchera pas ! me lança Léa.
- Attends !
Éclipse, regarde, Jupiter est bien entré lui, alors, pourquoi pas toi ?”
A ses mots, je serrai mes jambes et le fit avancer de
quelques pas. Soudain, sans aucuns signes avant-coureur, il se cabra de toute
sa hauteur. Couchée sur l’encolure, m’appuyant de tout mon poids, je l’obligeai
à reposer ses antérieurs, mais il se cabra à nouveau. Cette fois, j’eut peur
qu’il ne se renverse. J’eu alors une idée. Je le remit d’aplomb sur le sol et
le fit faire demi-tour, afin de l’éloigner des vagues. Là, je mis pied à terre.
“- Qu’est-ce que tu fais ? s’étonna Léa.
- Tu va voir !”
Enlevant mes tennis, je nouais les lacets ensemble et me
les passais autour du cou. Caressant Éclipse, je détachai la longe, et tout en lui
parlant, pour le calmer, je le fit marcher en cercle dont j’agrandissait, petit
à petit, le diamètre. Après une demi-heure de cercle successif, ses pieds
rencontrèrent les vagues. Il releva la tête, affolé. Mais je l’apaisai et,
l’éloignai à nouveau des vagues. Là, prenant mon mal en patience, je passai
devant lui et le menai face aux vagues. Il hésita, mais me voyant entrer dans
l’eau, il sembla se rassurer et avança à son tour, jusqu’à l’eau. Je le laissai
renifler et prendre ses repères, afin qu’il se rassurent, de lui-même.
Finalement, il entra, d’un pas souple et tranquille, dans l’eau.
“C’est bien, mon grand !” le félicitai-je, en le
caressant vivement.
Je me hissai sur son dos, tout en continuant à le
caresser, et, me plaçant à côté de Jupiter, nous marchâmes un moment le long de
la plage.
“- Et bien, ça a été laborieux, tout ça ! remarqua Léa.
- Ouais ! Mais
Éclipse est finalement entré dans l’eau ! Il a vaincu sa peur, c’est ce qui
compte !
- Hum ! On ferrai
bien de rentrer ! Ca fait plus d’une heure qu’on est parties !
- Ouais, tu as
raison ! Bon, on rentre, au haras ! Au fait, ça te dérange si on fait un détour
par la route ? Ca permettra à Éclipse de récupérer !
- Pas de problème
! L’experte en chevaux, c’est toi, non ?
- Oh, arrête avec
ça ! On est aussi bonne l’une que l’autre !
- Ouais, c’est pour ça que tu va encore arriver première, demain
!” répliqua-t-elle, en souriant.
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